Trombiculidés : aoûtats et straelensiose

 

Les espèces

Les larves de deux espèces de Trombiculidés sont à l’origine de lésions cutanées chez le chien et le chat : Neotrombicula (Trombicula) autumnalis (plus communément appelées " aoûtats " ou " aoutats ") et Straelensia cynotis (un parasite de description plus récente et dont la biologie demeure encore largement méconnue).

Aoûtats

Cycle évolutif de Neotrombicula autumnalis

Les acariens adultes pondent leurs œufs dans des matières végétales en décomposition et en quelques jours les œufs éclosent en larves hexapodes. Ces dernières sont d’une couleur orangée caractéristique et mesurent 200 à 300 µm (à jeun). Seules les larves sont parasites.

Sous les climats tempérés, les larves deviennent actives en conditions sèches, ensoleillées, à une température supérieure à 16°C. Ces conditions sont souvent réunies entre juillet et octobre, d’où le terme d’« acariens vendangeurs », « leptes d’automnes » ou plus communément « aoûtats ».

Les larves grimpent sur les végétaux où elles attendent le passage d’un hôte. Il n’y a aucune transmission d’animal à animal, et une fois fixées sur leur hôte, les larves se nourrissent pendant 5 à 7 jours de tissus ou de sang. Par la suite, les larves gorgées se détachent et poursuivent leur développement dans le milieu extérieur. Les nymphes et les adultes vivent sur le sol à l’état libre.

Dans les zones tempérées, il y a habituellement un cycle par an, mais dans les régions plus chaudes, il peut y avoir plus d’un cycle complet par an.

Pouvoir pathogène

Les lésions cutanées s’observent habituellement sur la face, les pavillons auriculaires, les espaces interdigités ou le ventre. Les lésions sont extrêmement prurigineuses. Lorsque les aoûtats sont très nombreux, il est possible d’observer de multiples petits points orangés sur la peau.

Aoutats espace interdigité chien

Aoutats fixés entre les doigts chez un chien.

Aoûtats museau chien

Aoutats fixés à la base des poils de moustache (vibrisses) d'un chien.

 

Des réactions sévères d’hypersensibilité ont été observées dans le cas d’infestations répétées.

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Diagnostic de la trombiculose

La nature, la localisation et les circonstances d’apparition des lésions sont souvent suffisantes pour poser un diagnostic de trombiculose. La confirmation est apportée par la mise en évidence des larves d’acariens dans un raclage cutané.

Le corps des aoûtats est recouvert de soies et ne comporte que 3 paires de pattes (comme toutes les larves d’acarien).

Aoutats en vue microscopique

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Straelensiose

Cycle évolutif de Straelensia cynotis

La biologie de cet acarien n’est que partiellement connue et même si l’on pense qu’elle est similaire à celle des autres Trombiculidés, il existe des différences importantes.

La phase parasitaire sur l’hôte est bien plus longue (plusieurs mois) que celle des aoûtats (quelques jours).

L’infestation par S. cynotis n’est rapportée que depuis la dernière décennie et dans des zones géographiques limitées (dans le sud de la France, le nord de l’Espagne et du Portugal) alors que la trombiculose est une parasitose cosmopolite.

Pouvoir pathogène

L’infestation par S. cynotis est décrite chez des chiens de chasse ou des chiens ayant accès aux zones boisées ou aux tanières de renard, qui pourraient constituer l’habitat naturel de S. cynotis.

Les signes cliniques se caractérisent par une éruption brutale de papules (voire de nodules) de 1 à 5 mm de diamètre.

Ces lésions sont généralement nombreuses et de se localisent sur les régions dorsales du corps, y compris la tête. Contrairement à la trombiculose, le degré de prurit varie selon les cas. La straelensiose semble être primairement non prurigineuse, le prurit n’apparaissant que lors de surinfection bactérienne.

Les lésions de straelensiose sont très douloureuses et l’hyperesthésie cutanée peut conduire à un comportement agressif de la part du chien.

Diagnostic de la straelensiose

La mise en évidence directe des larves est difficile mais possible à partir de raclages très profonds et incisionnels de papules.

Le diagnostic passe surtout par la biopsie cutanée : l’examen histopathologique révèle la présence de follicules pileux avec un infundibulum très dilaté hébergeant un kyste parasitaire.

Le traitement n’est pas codifié et semble aléatoire : les traitements topiques acaricides conventionnels (amitraz) n’ont pas donné de résultats satisfaisants.

L’utilisation des lactones macrocycliques pourrait être intéressante.

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