D'après Beugnet et al. Abrégé de Parasitologie clinique du chien et du chat, 2021

Dans la mesure du possible, il est important d’appliquer les consignes suivantes :

  • Les matières fécales doivent être récoltées sur une surface sèche et propre, par exemple du papier cartonné ou du plastique, etc. Toutes les matières fécales émises sur une période de 24 h doivent si possible être recueillies pour former un échantillon. Bien souvent une seule élimination est collectée.
  • Il est important de bien homogénéiser les matières fécales avant de réaliser les prélèvements, car la répartition des éléments paraistaires n’est pas uniforme dans les fèces. Le volume de matières fécales récoltées doit être au moins 10 fois supérieur à celui de l’échantillon final qui sera examiné. Le diagnostic sera d’autant plus fiable que l’échantillon sera volumineux. Pour de petits animaux, cet échantillon correspond souvent à la totalité des matières fécales émises.
  • Les matières fécales doivent être manipulées avec précaution car elles sont susceptibles de contenir des agents de zoonose. De bonnes pratiques de laboratoire (par exemple, utilisation de gants à usage unique) sont donc impératives.

Le vétérinaire responsable du diagnostic n’a généralement pas la possibilité de recueillir les matières fécales et doit se fier aux échantillons apportés par les propriétaires. Quelle qu’en soit la provenance, il est important de disposer d’échantillons frais pour l’analyse. Les fèces recueillies dans les litières, jardins, sur le sol des chenils, etc. peuvent être anciennes et sèches. Les œufs des parasites peuvent alors être embryonnés ou larvés. De même les ookystes auront peut-être sporulé et les fèces peuvent être contaminées par des pseudoparasites. Si les clients ne peuvent apporter rapidement des fèces fraichement recueillies, il faut leur conseiller de conserver le prélèvement au réfrigérateur pendant 1 à 3 jours. Les fèces doivent être déposées dans un récipient en verre ou en plastique hermétiquement fermé, sur lequel la date et l’heure de la récolte, l’espèce et le nom de l’animal, le nom du propriétaire et toute autre information utile doivent être inscrits lisiblement.

L’analyse coprologique peut être effectuée sur des échantillons frais ou conservés au réfrigérateur à 4 ºC pendant 1 à 3 jours, et/ou des échantillons fixés (formolés). Les fèces ne doivent pas être congelées car la décongélation fausse les résultats. Les MF doivent être envoyées fraîches au laboratoire et emballées avec des accumulateurs de froid. Une solution de formol tamponné (de 5 % ou 10 %) peut être utilisée pour conserver les échantillons si nécessaire. Les fixateurs présentent l’avantage d’inactiver les autres micro-organismes infectieux potentiellement présents. Des fixateurs particuliers, tels que le PVA (alcool polyvinylique) sont nécessaires pour conserver les trophozoïtes des protozoaires. La conservation est optimale si les fèces sont diluées au 1/4 dans le fixateur, c’est-à-dire 1 volume de fèces pour 3 de fixateur. Les fèces doivent être totalement homogénéisées avec le fixateur dès leur mélange.

L’alimentation des carnivores/omnivores peut laisser des résidus indésirables dans les fèces, susceptibles de gêner l’observation microscopique, en raison de la flottation de débris sous forme de petites et/ou grandes particules. Il est important d'éviter autant que possible de donner des aliments riches en lipides aux chiens et chats avant le recueil de fèces pour un examen coproscopique. L’éther ou l’acétate d’éthyle peuvent être utilisés pour dégraisser le prélèvement, mais le premier est toxique pour l’Homme et dangereux pour l’environnement, et le second est inflammable et irritant.