D'après Beugnet et al. Abrégé de Parasitologie clinique du chien et du chat, 2021

La flottation est la méthode la plus utilisée pour mettre en évidence des éléments parasitaires. Il existe plusieurs techniques, dont le principe repose sur la différence de densité entre les œufs, larves, ookystes et kystes de parasites, les débris fécaux et la solution de flottation.

La densité moyenne des œufs de nématodes, notamment ceux des ascarides du chien et du chat, est comprise entre 1,05 et 1,24. La densité de la solution de flottaison doit donc être supérieure à celle des œufs pour que ces derniers flottent. La plupart des solutions de flottaison employées en coproscopie (tableau 1) sont saturées. Elles sont préparées en ajoutant une quantité précise de sel ou de sucre à un volume donné d’eau pour obtenir la densité souhaitée. Le sel ou le sucre (ou un mélange des deux, selon la solution de flottaison) peuvent être dissous dans l’eau avec un agitateur magnétique.

La densité de la solution de flottaison préparée doit être vérifiée à l’aide d’un densimètre, car la densité de la solution saturée varie légèrement en fonction de la température ambiante. Si les cristaux de sels précipitent dans certaines solutions de flottaison (notamment celles de NaCl) avant de se dissoudre, il est possible d'en rajouter pour que la solution reste saturée.

coproscopie solutions flottaison

Tableau 1. Solutions de flottation (liquides denses) couramment utilisées en coproscopie.

Les solution de flottaison utilisées pour la recherche des œufs de cestodes ou de nématodes sont généralement à base de chlorure de sodium, tandis que des solutions de chlorure de zinc ou de sulfate de zinc sont plus utilisées pour les œufs de trématodes.

Idéalement, la solution de flottaison sélectionnée doit permettre à tous les éléments parasitaires de flotter, tout en préservant leur intégrité morphologique, alors que les débris s’accumulent au fond de la solution. Le choix de la solution de flottaison est important. Les auteurs estiment qu'il est souvent négligé par la communauté scientifique, bien qu'il puisse considérablement influer sur les performances diagnostiques des techniques de flottation.

En règle générale, seule la densité de la solution de flottaison est mentionnée dans les manuels de diagnostic ou dans la littérature scientifique. On considère généralement que la capacité de la solution de flottaison à faire flotter les éléments parasitaires, et donc son efficacité, augmente avec sa densité, mais les éléments parasitaires ne sont pas de simples « éléments inertes ». Les interactions entre les éléments d’une suspension fécale (par ex., composants de la solution de flottaison, élément parasitaire , fixateur, éther et débris alimentaires de l’hôte) peuvent au contraire être complexes.

Ainsi, en règle générale :

  • Toutes les solutions de flottaison de même densité ne permettent pas d’obtenir des résultats identiques pour un élément parasitaire donné, même si la technique ne change pas.
  • Une solution de flottaison peut être plus ou moins performante pour la détection d’un élément parasitaire donné selon la technique employée.
  • Les résultats obtenus avec une solution de flottaison pour un élément parasitaire et une technique donnée varient selon la méthode de conservation des selles (par ex., selles fraîches, conservées dans du formol, SAF ou autres fixateurs).
  • Les résultats obtenus avec une solution de flottaison pour un élément parasitaire et une technique varient en fonction de l'alimentation de l’hôte.
  • Il faut donc adapter la solution de flottaison, la technique de flottation et la méthode de conservation des fèces à chaque élément parasitaire recherché lors d’un examen microscopique des selles.
  • Les données acquises pour un élément parasitaire spécifique ne peuvent être transposées à un élément parasitaire « similaire », ou au même élément parasitaire si la technique de flottation ou de conservation des fèces change. Il est également important de noter que l'alimentation peut induire la présence de résidus et matières grasses indésirables dans les fèces, qui sont susceptibles de nuire à la lecture, en raison de la flottation de petites et/ou de grandes particules de débris.