Strongyloses respiratoires du chat

 

 

Plusieurs espèces de vers parasites peuvent infester les poumons des chats. En Europe, deux parasites prédominent : Aelurostrongylus abstrusus et Troglostrongylus brevior. Ces vers sont en général bien supportés par les chats, qui ne présentent alors pas ou peu de signes cliniques. Cependant, chez les plus jeunes ou chez les animaux immunodéprimés, des troubles respiratoires graves peuvent apparaître, pouvant même dans certains cas entraîner la mort.

Cycle de vie du parasite

Les vers adultes vivent dans la partie profonde du poumon du chat : à l'entrée des alvéoles pulmonaires, dans les bronchioles et dans les bronches. Les femelles pondent des oeufs, lesquels libèrent des larves qui remontent le long de la trachée vers le pharynx. Les larves sont alors dégluties et se retrouvent dans les selles du chat parasité. Celui-ci, en faisant ses besoins, contamine l'environnement.

Les larves du parasite sont ensuite ingérées par des limaces et des escargots (gastéropodes) se nourrissant de végétaux souillés ou directement de matières fécales. Les chats se contaminent à leur tour en ingérant ces gastéropodes contaminés, ou de l'aliment sur lequel ces mollusques ont déposé de la bave (ce qui est fréquent si la gamelle est laissée à l'extérieur), ou encore en chassant des rongeurs ou des oiseaux ayant eux-mêmes ingérés des gastéropodes.

art743 cycle strongyloses respiratoires chat

Cycle de vie d'Aelurostrongylus abstrusus (ESCCAP).

Répartition géographique

Les strongyloses respiratoires du chat sont de répartition mondiale. Elles existent dans tous les pays d'Europe mais leur incidence est encore mal connue. Cependant, il semble que leur fréquence soit en augmentation. En France, le seul parasite décrit actuellement est Aelurostrongylus abstrusus.

La maladie

Les signes de l'infestation parasitaire sont variables. Parfois, ils sont absents et l'animal semble en bonne santé. Cependant, la maladie parasitaire peut se traduire par des signes respiratoires associant de la toux, des éternuements, un écoulement nasal, des bruits respiratoires anormaux, voire des difficultés à respirer.

 art743 chat bouche ouverte

Chez le chat, les difficultés respiratoires peuvent obliger l'animal à garder la bouche ouverte  ( © Stocklib / Seregraf ).

Dans les formes plus graves, rencontrées en général chez les très jeunes aniamux ou les animaux affaiblis, une pneumonie peut survenir et le décès est possible.

Diagnostic

Une strongylose respiratoire pourrait être envisagée dès qu'un chat présente une maladie respiratoire. Mais bien d'autres causes sont possibles, et il est bien difficile de faire un diagnostic différentiel.

En général, plusieurs examens complémentaires sont effectués sur un chat ayant des problèmes respiratoires, comme des radiographies et une analyse sanguine. Mais il n'y a que l'observation des larves des parasites dans les matières fécales du malade qui permet d'avoir une certitude. Cet examen des selles n’est proposée que par certains laboratoires spécialisés.Pour optimiser les chances de détection des larves, l’analyse sera répétée 3 fois tous les deux jours

Traitement et prévention

Pour les animaux les plus sévèrement atteints, la mise en place d'un traitement antitussif est nécessaire, auquel on adjoint un traitement antibiotique si une infection bactérienne secondaire se développe. Plusieurs vermifuges actuellement commercialisés sont suceptibles d'éliminer les strongles respiratoires du chat, sur prescription du vétérinaire.

La vermifugation régulière des chats ayant accès à la campagne contribue à diminuer les risques d'infestation. Il est également possible aujourd'hui de mettre en oeuvre des moyens non dangereux permettant de contrôler la population de limaces dans les jardins.