Babesia, les parasites responsables de la piroplasmose (babésiose)

 

Les parasites du groupe Babesia

Mode de vie

La piroplasmose est une maladie provoquée par un parasite microscopique, le "piroplasme", qui vit et se reproduit dans les globules rouges de l'animal parasité. On appelle aussi la piroplasmose "babésiose" car les piroplasmes du chien présents en France appartiennent au groupe des Babesia. Au cours de leur vie, ces parasites provoquent l'éclatement des globules rouges de leur hôte, ce qui est à l'origine d'une anémie. La présence de Babesia est également à l'origine de réactions immunitaires complexes qui peuvent gravement perturber le fonctionnement de divers organes : reins, articulations, poumons, muscles, cœur, foie, yeux…

Transmission

Le parasite responsable de la piroplasmose est transmis par les tiques. Les tiques se nourrissent du sang de l'animal qu'elles parasitent. Lorsqu'elles prennent leur repas, elles peuvent, si elles sont porteuses de piroplasmes, injecter le parasite à leur hôte. Une tique peut être porteuse de piroplasmes si elle a été contaminée précédemment en se nourrissant sur un chien atteint de piroplasmose. Elle peut aussi avoir été contaminée dès sa naissance, les larves issues des œufs pondus par une tique contaminée étant elles-mêmes contaminées.

Tique transmission piroplasmose aux chiens

Dermacentor reticulatis est la tique responsable de la transmission de Babesia canis, le micro-organisme responsable de la piroplasmose du chien en Europe (Photo Rainer Altenkamp, licence Creative Commons).

 

Il existe un autre mode de transmission de la piroplasmose : la transfusion. Si elle est moins fréquente chez les animaux que chez l'Homme, la transfusion doit être l'objet de la même vigilance. Ainsi, il faut toujours choisir un donneur en bonne santé.

La piroplasmose

Répartition géographique

La piroplasmose n'est pas une maladie rare, mais sa répartition n’est pas uniforme. Pour que la maladie puisse s'installer dans une région, il faut que son climat soit favorable aux tiques, que les espèces de tiques locales puissent transmettre les piroplasmes (toutes les espèces de tiques n'ont pas cette faculté), et enfin que ces tiques soient porteuses de l’agent pathogène responsable de la maladie. La présence de tiques dans l'environnement ne signifie donc pas qu'il existe un risque de piroplasmose.

Dans un même pays, les risques de piroplasmose sont très différents d'une région à l'autre, et au sein même d'une région, certains endroits seront plus dangereux que d'autres.

La piroplasmose du chien en France

La maladie est présente sur l'ensemble du territoire national, mais les départements du sud-ouest sont les plus à risque.

Carte de la fréquence des cas de piroplasmose canine en France

Répartition géographique des cas de babésiose canine en France (ESCCAP 2011).

 

Les milieux les plus favorables à la présence de tiques sont les herbes hautes, les landes, la lisière des bois. Cependant il n'est pas rare de trouver des tiques en ville dans des jardins publics ou des terrains vagues. D'autre part, il existe dans le sud-est de la France une espèce de tique (Rhipicephalus sanguineus) capable de transmettre des piroplasmes aux chiens, et pouvant se reproduire à l'intérieur des maisons et des chenils.

La piroplasmose du chien en Europe

La maladie est présente dans beaucoup de pays européens. Elle est particulièrement fréquente dans le nord et l'ouest de l'Espagne, l'Europe centrale et orientale, jusqu'aux pays baltes. Des cas ont été récemment observés en Angleterre.

La piroplasmose chez le chien

Les signes de maladie varient suivant les individus et l'espèce de Babesia concernée.

  • La forme est la plus connue est la forme aiguë. Elle se traduit par une forte fièvre, un abattement, une perte d'appétit, une anémie et, assez souvent mais pas toujours, des urines foncées (de rougeâtre à couleur café).
  • Dans de nombreux cas, les signes sont beaucoup plus discrets : fièvre modérée et passagère, amaigrissement, petite baisse de forme, anémie légère. Cette forme est plus difficile à diagnostiquer.
  • Il existe également des formes atypiques et parfois très graves à l'origine de troubles locomoteurs, nerveux, respiratoires, oculaires…
piroplasmose babesiose chiens malades

La complication la plus fréquente de la piroplasmose chez le chien est l'apparition d'une insuffisance rénale, rapidement irréversible. C'est pourquoi il est important de dépister et de traiter les animaux atteints de cette maladie (Fotolia).

 

La piroplasmose chez le chat

Cette maladie existe chez le chat, mais elle demeure très mal connue. La piroplasmose du chat est rarissime en France. Néanmoins, il peut être justifié d'y penser et de rechercher le parasite devant un chat anémié et pour lequel toutes les autres causes possibles ont été écartées.

Diagnostic de la piroplasmose

Si la forme aiguë de la maladie est assez évocatrice, il faut savoir que d'autres affections peuvent être à l'origine de fièvre et d'urines foncées. Quant aux formes discrètes ou atypiques, il est difficile de faire le lien avec une éventuelle piroplasmose sans examen complémentaire. Le diagnostic définitif repose donc sur la mise en évidence du parasite dans le sang de l'animal malade. Les deux techniques les plus utilisées de nos jours sont la recherche des parasites sur frottis sanguin et la PCR.

Frottis sanguin

Le vétérinaire prélève une goutte de sang à l'oreille ou au bout de la queue, l'étale sur une lame de verre, la colore, puis l'observe au microscope. Si le parasite est visible à l'intérieur des globules rouges, alors il s'agit certainement d'une piroplasmose. Mais attention, l'inverse n'est pas vrai : si aucun piroplasme n'est présent sous le microscope, cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas y en avoir dans l'organisme du chien. Le test sur frottis sanguin est donc rapide et peu onéreux, mais ne donne aucune indication quand il est négatif.

Vue de piroplames dans le sang d'un chien au microscope après coloration

Piroplasmes à l'intérieur des globules rouges d'un chien atteint de piroplasmose (frottis sanguin observé au microscope après coloration). Photo service de parasitologie, EnvA.

 
La PCR

Elle se base sur les techniques actuelles de recherche d'ADN. Elle nécessite l'envoi d'un prélèvement sanguin à un laboratoire spécialisé. Ce test est plus sensible que celui du frottis sanguin, mais peut quand même ne pas détecter le parasite chez certains malades.

Traitement et prévention

La piroplasmose du chien répond bien au traitement sous réserve que le diagnostic soit établi rapidement. Le traitement consiste en l'administration d'une ou plusieurs injections d'un produit qui détruit les piroplasmes. En fonction de l'état de l'animal, des soins complémentaires peuvent être nécessaires (perfusion, transfusion, anti-inflammatoires, antibiotiques…).

Cependant, il faut garder à l'esprit qu'un chien qui a déjà été traité pour une piroplasmose n'est pas protégé contre les réinfections. Il est donc indispensable, si on habite une zone à risque, ou si le mode de vie du chien l'expose à la maladie (chiens de chasse particulièrement) de mettre en place un plan de prévention, qui repose sur la lutte contre les tiques et la vaccination. Il existe par ailleurs un risque de rechute une dizaine de jours après le traitement. Dans ce cas, le traitement devra être renouvelé.

Lutte contre les tiques

La lutte contre les tiques a deux objectifs : éviter le contact entre les tiques et votre animal, et s'il se produit tout de même, empêcher la tique de transmettre les piroplasmes. En effet, la tique ne transmet les micro-organismes à l’origine de la piroplasmose qu'à la fin de son repas sanguin, c'est-à-dire plus de 48 heures après la fixation sur son hôte. On peut donc limiter les risques en retirant rapidement les tiques fixées sur le chien.

Nos conseils :
  • Ne promenez pas votre chien dans les environnements favorables aux tiques (herbes hautes, bois, lisières de forêts). Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire, il connaît bien les endroits les plus dangereux de la région.
  • Inspectez votre animal au retour de la promenade ou de la chasse. Si vous trouvez des tiques, enlevez-les avec une pince spéciale. Ne jamais la retirer avec les doigts, ni mettre d'éther, ni la brûler avec une cigarette : toutes ces manipulations peuvent favoriser le passage des piroplasmes dans le sang de votre animal.
  • Traiter préventivement contre les tiques. Il existe de nombreux produits, sous forme de colliers, sprays, pipettes, comprimés… Attention, ils n'ont pas tous la même efficacité, et certains sont très toxiques pour les chats. Demandez à vote vétérinaire de vous prescrire le produit le plus adapté à votre compagnon. Et n'oubliez pas de renouveler régulièrement le traitement.
Crochet otom'atic pour retirer les tiques sur les animaux

Des pinces et des crochets spéciaux ont été créés afin de pouvoir retirer les tiques d'un animal sans risquer de favoriser la transmission de maladies (photo Otom, licence Creative Commons).

 
La vaccination

La vaccin contre la piroplasmose n'offre pas une protection complète, mais permet de réduire le risque de contamination et de diminuer la sévérité des symptômes en cas de maladie. Ce n'est pas un vaccin effectué systématiquement chez le chiot, mais au cas par cas. La vaccination de votre chien peut être justifiée si vous habitez dans une région où il y a beaucoup de cas de piroplasmose, si le mode de vie de votre animal l'y expose fréquemment, ou si vous comptez vous rendre avec votre compagnon dans une région à risque. N'hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire.

La chimiothérapie préventive

Dans de rares cas, quand le risque de contamination est très élevé, que l'animal est immunodéprimé ou parce qu’il ne peut pas être traité contre les tiques, il est possible de demander au vétérinaire de faire une injection préventive, dont l'effet protecteur dure quelques semaines.

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