
La protection des chiens et des chats contre les parasites constitue un enjeu majeur de santé animale et de santé publique. Parasites externes (puces, tiques, phlébotomes) et parasites internes (nématodes, cestodes, filaires) peuvent affecter les chiens et les chats, avec parfois des conséquences potentiellement graves tant pour l'animal que pour son entourage, notamment les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées.
Ce document, élaboré par ESCCAP France, synthétise les principales recommandations en matière de prévention antiparasitaire et de mesures d'hygiène, afin d'aider les vétérinaires et les propriétaires à mettre en place une stratégie de protection adaptée au mode de vie de chaque animal.
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Respecter les mesures d’hygiène
- Proposer un bilan parasitaire au moins une fois par an.
- Rappeler l’importance du lavage des mains, en particulier pour les enfants.
- Couvrir les bacs à sable lorsqu’ils ne sont pas utilisés.
- Mettre en garde les propriétaires vis-à-vis des régimes à base de viande crue pour leurs animaux et s’assurer que les chiens et les chats ont un accès à une source d’eau potable.
- Rappeler l’importance de nettoyer rigoureusement les fruits et les légumes avant consommation.
- Rappeler l’obligation de ramasser les matières fécales des chiens en pensant à se laver les mains juste après. Rappeler que les matières fécales de chiens et de chats ne peuvent être intégrées au compost (si le compost est par la suite utilisé dans un jardin).
Protéger les animaux vis-à-vis des parasites internes
- Dans l’intérêt de la santé des chiots et des chatons et pour limiter la contamination de l’environnement par des oeufs de Toxocara, préconiser une vermifugation dès 2 semaines de vie pour les chiots et dès 3 semaines de vie pour les chatons, puis toutes les 2 semaines jusqu’à deux semaines après le sevrage. Vermifuger ensuite tous les mois jusqu’à l’âge de six mois. Penser à vermifuger la mère en même temps que ses petits.
- Vermifugez les chats et les chiens adultes ayant un accès régulier à l’extérieur 4 à 12 fois par an (en fonction de contacts de l’animal avec de jeunes enfants ou d’individus immuno-déprimés, de leur tendance individuelle à manger des limaces, des escargots ou de l’herbe) afin de les protéger contre les nématodes intestinaux et les vers pulmonaires. Les animaux n’ayant pas ou très peu accès à l’extérieur doivent être traités 1 à 2 fois par an. Vous pouvez à la place effectuer des examens coproscopiques à la même fréquence et traiter les animaux en fonction des résultats.
- Dans les régions où circule le cestode Echinococcus granulosus, il faut mettre en place une vermifugation adaptée des chiens qui ont la possibilité de consommer des carcasses ou des abats de ruminants. Cette vermifugation doit être réalisée au moins toutes les 6 semaines.
- Dans les régions où circule le cestode Echinococcus multilocularis, il faut mettre en place une vermifugation adaptée des chiens qui ont la possibilité de chasser des petits rongeurs. Cette vermifugation doit être faite au moins tous les mois.
- Dans les régions où circule le nématode Dirofilaria immitis, il faut s’assurer que les chiens, chats et furets bénéficient d’une chimioprévention adaptée. Les chiens peuvent être traités tout au long de l’année. Avant de débuter un traitement, un test de dépistage est indispensable pour savoir si l’animal n’est pas déjà infesté.
- Le rythme des traitements pour lutter contre les parasites internes (helminthes digestifs ou respiratoires) dépend de la législation en rigueur, de la situation épidémiologique locale et des attentes du propriétaire. Dans le cadre d’une démarche d’analyse de risque, il faudra tenir compte du mode de vie de l’animal, de son alimentation, des éventuels voyages et de l’historique des infestations parasitaires précédentes. L’expertise du vétérinaire est requise pour la mise en place des traitements antiparasitaires internes.
Protéger les animaux vis-à-vis des parasites externes
- Les puces peuvent infester les chiens et les chats tout au long de l’année. Le recours à des mesures de prévention dépend des facteurs de risques. Il faut cependant prévenir les propriétaires qu’une fois les puces installées dans une habitation, il faudra au minimum 3 mois pour s’en débarrasser. La lutte contre les puces peut inclure dans certains cas une désinfection de l’environnement.
- La prévention de l’infestation par les tiques est préconisée pour les animaux les plus exposés. Le risque est plus élevé au printemps et en automne.
- Dans les zones d’enzootie de la leishmaniose, il convient d’utiliser des insecticides répulsifs pour limiter le risque de piqûre des chiens par des phlébotomes. La même recommandation s’applique pour les chats les plus exposés.